L’éducation financière est un enjeu de société. Apprendre à gérer son argent, à financer ses besoins et à se protéger des fraudes n’est plus seulement une compétence utile mais une nécessité pour tous les citoyens dans un environnement de plus en plus complexe et risqué.
Nous avons consacré un webinaire à ce sujet essentiel, le mercredi 15 octobre 2025, à l’occasion des French FinTech Weeks.
Anne-Claire Bennevault, fondatrice de Spak et de l’association Ensemble pour l’éducation financière, Benjamin Pedrini, directeur général d’Epsor, Arbia Smiti, fondatrice de Rosaly, et Miruna Senciuc, directrice développement durable de BNP Paribas Personal Finance, ont partagé leurs actions et leur vision sur le sujet.
La France, mauvaise élève en termes d’éducation financière ?
La France se situe au 14ème rang des 39 pays de l’OCDE en matière d’éducation financière (1). Les Français de 18 ans et plus obtiennent la note de 12,45/20. Or l’institution considère qu’un citoyen est suffisamment informé pour faire des choix financiers éclairés à partir de la note de 14/20.
Cette note décevante résulte notamment d’une faible maîtrise du mécanisme des taux d’intérêt simples ou composés, du peu d’intérêt pour l’épargne longue, et de la part insuffisante (41 %) des Français qui comparent les offres ou demandent conseil.
L’étude Spak – OpinionWay (2) confirme cette analyse et révèle qu’une majorité de Français se sentent mal armés pour comprendre ou anticiper les enjeux liés à leur argent.
L’éducation financière : un enjeu sociétal
Les causes principales du déficit de savoirs résultent de deux principaux facteurs :
- les Français sont en moyenne moins exposés que nombre de leurs voisins à la nécessité de gérer eux-mêmes les domaines essentiels de leur vie financière que sont la retraite, la couverture maladie, le chômage, la dépendance, car ces besoins sont pris en charge par la collectivité ;
- l’insuffisance des formations dispensées lors des parcours scolaires.
Un niveau suffisant d’éducation financière est d’autant plus nécessaire que :
- les fraudes se multiplient et sont de plus en plus sophistiquées
Le Parquet de Paris estime à 500 millions d’euros par an le préjudice global subi par les victimes d’escroqueries financières en France (3). Les techniques déployées par les escrocs et amplifiées par les nouvelles technologies sont de plus en plus élaborées : usurpation d’identité, faux placements sur les réseaux sociaux, deepfakes, arnaques sentimentales, etc.
- l ’environnement financier se complexifie
La complexité des produits d’épargne et de crédit, le jargon financier difficile à comprendre, la fragmentation du marché et la multiplication des sources d’information rendent le paysage financier difficile à appréhender. Cette situation alimente un désengagement vis-à-vis des questions financières, perçues comme réservées à une élite, ainsi qu’une méfiance envers les acteurs du secteur. Ce phénomène touche toutes les générations, mais pèse plus particulièrement sur les jeunes actifs et les publics fragiles.
La technologie : un levier de pédagogie
Les innovations portées par les fintech contribuent au développement de la culture financière via une approche intégrée, c’est-à-dire au cœur même du parcours des clients utilisateurs.
Deux exemples sont à l’honneur dans notre webinaire :
- Epsor, spécialisée dans l’épargne salariale et retraite, accompagne ses clients par la vulgarisation du sujet et un conseil individualisé.
- Rosaly, qui propose un dispositif d’acomptes sur salaire, permet aux salariés non seulement d’éviter le découvert, mais d’être sensibiliser à la planification budgétaire.
Les acteurs historiques insèrent également l’éducation financière au cœur de leur stratégie. BNP Paribas Personal Finance propose notamment des parcours d’apprentissage intégrés à ses services de crédit responsable en combinant données clients, IA et contenus pédagogiques.
L’éducation financière est donc une composante essentielle des modèles innovants et de l’expérience client.
Pour en savoir plus, regardez le replay !



