Tokenisation et financement des PME : vers une nouvelle infrastructure de marché

Découvrez la synthèse et la vidéo de la keynote “Marketplace 3.0: Tokenization for SME Financing” de Mark Kepeneghian, Fondateur et CEO, Lise, à l’occasion de FinTech R:Evolution | #FFT26 | Flight to Quality.
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A. Le financement des PME reste un angle mort des marchés européens
En Europe, les PME ont encore trop peu accès à des mécanismes de financement de marché fluides et adaptés à leur taille. Entre le crédit bancaire, souvent contraint, et les marchés cotés, trop lourds et trop coûteux pour beaucoup d’entreprises, il existe un espace mal couvert.
Ce n’est pas un manque d’épargne ni même un manque d’intérêt pour l’économie réelle : c’est un problème d’infrastructure de marché.
Le paradoxe est connu.
→ D’un côté, la France et l’Europe disposent d’une épargne abondante, que les pouvoirs publics cherchent depuis des années à mieux orienter vers l’investissement productif.
→ De l’autre, les PME et les ETI continuent de manquer de fonds propres pour financer leur croissance, renforcer leur capacité d’investissement ou recruter.
Des dispositifs existent pourtant (IR-PME, PEA-PME, fonds small caps, soutien public aux introductions en bourse) mais ils ne suffisent pas à faire décoller le marché.
Les mécanismes d’intermédiation restent en pratique calibrés pour des émetteurs plus grands, capables d’absorber des coûts fixes, des contraintes administratives et une complexité juridique disproportionnés pour une opération de taille plus modeste.
B. Les marketplaces de financement n’ont pas complètement résolu le problème
Une première génération de plateformes a déjà cherché à désintermédier une partie du financement. Mais ces modèles ont souvent fluidifié l’accès à l’offre, sans vraiment traiter la question de la liquidité et de la circulation des titres dans le temps.
Or, sur une infrastructure de marché classique, le post-marché repose sur une chaîne lourde, fragmentée et coûteuse. Une fois un ordre exécuté, interviennent plusieurs couches d’intermédiation – bourse, compensation, règlement, dépositaire central, conservation – qui allongent les délais et génèrent des coûts fixes importants.
Pour un grand émetteur, cette architecture est absorbable. Pour une PME, elle devient vite dissuasive, notamment en raison des coûts récurrents de maintien à la cote. Tant qu’on ne traite pas l’après-émission, on ne règle qu’une partie du problème.
C. La tokenisation reconfigure la chaîne de marché
C’est ici que la tokenisation entre en jeu pour repenser la structure même du marché. En rendant les titres plus facilement transférables, traçables et intégrables dans des mécanismes d’échange et de règlement plus efficaces, elle réduit les coûts de gestion, de transmission et de traitement.
Elle permet aussi de rouvrir la question de la liquidité. Tant qu’un titre reste lent à transférer, coûteux à administrer et difficile à faire circuler, l’investisseur reste enfermé dans une logique de détention longue. À l’inverse, une infrastructure qui permet une circulation plus simple et plus directe des titres améliore potentiellement la capacité des investisseurs à entrer et sortir, et donc l’attractivité de l’actif lui-même.
D. Avec Lise, la promesse d’une infrastructure plus intégrée
Lise cherche à reconstruire la chaîne post-marché de façon plus intégrée, en réunissant dans un même cadre des fonctions aujourd’hui réparties entre plusieurs acteurs.
C’est ce qui permet de passer d’une chaîne éclatée entre plusieurs intermédiaires à un modèle beaucoup plus direct : l’accès au marché est simplifié, le règlement-livraison accéléré et le lien entre émetteur et investisseur resserré.
Pour les PME, les introductions en bourse deviennent plus accessibles, les coûts récurrents se réduisent, et le ratio entre le montant levé et le coût de l’infrastructure nécessaire s’améliore.
La promesse d’une “Marketplace 3.0” suppose toutefois plusieurs conditions :
→ un cadre juridique suffisamment clair,
→ une structure de marché crédible,
→ des investisseurs prêts à venir,
→ des actifs suffisamment compréhensibles
→ et un niveau de confiance suffisant sur la qualité de l’information, l’exécution et la conservation.
L’enjeu est aussi stratégique. Si l’Europe attend que les acteurs extra-européens imposent leurs standards, leurs plateformes et leurs infrastructures, elle risque de reproduire un schéma déjà vu dans d’autres domaines technologiques.
Agir tôt sur les infrastructures de marché tokenisées, pendant qu’elles se définissent encore, permettrait non seulement de préserver la pertinence des bourses européennes, mais aussi de rouvrir un accès réel aux marchés actions pour les PME.
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