Démocratisons la philanthropie

Oct 13, 2020 | Actualité, Tribunes

Aujourd’hui, il est clair que le secteur financier – de par sa puissance économique et son influence – doit prendre ses responsabilités pour créer une société plus inclusive et un monde plus juste.

Qu’est-ce que le mot “philanthropie” vous évoque ? Aujourd’hui encore, on pense trop souvent que c’est l’affaire des Bill Gates ou des Warren Buffett de ce monde. On estime qu’être philanthrope nécessite d’avoir amassé des sommes faramineuses.

C’est une conception désuète qu’il ferait bon de dépoussiérer et d’élargir. Qu’on l’appelle la philanthropie, le partage ou l’entraide, cette solidarité peut et doit être à la portée de tous. C’est l’unique voie pour répondre aux défis immenses auxquels nous faisons collectivement face.

Notre système est à bout de souffle : il est nécessaire de proposer des alternatives vertueuses et durables. Pour ce faire, l’individualité ne sera pas de mise. Nous avons besoin d’un réveil collectif, et notamment de la part des plus puissants. Aujourd’hui, il est clair que le secteur financier – de par sa puissance économique et son influence – doit prendre ses responsabilités pour créer une société plus inclusive et un monde plus juste. Il ne s’agit plus uniquement de définir des marges toujours plus importantes et tendre vers une croissance toujours plus frénétique, l’enjeu est aussi ailleurs. Il est temps de prendre en compte la création de valeur sociale au-delà de l’impératif économique.

Fort heureusement, nous observons des tendances qui vont dans le bon sens ces dernières années. Je pense notamment aux propos de Jean-Laurent Bonnafé, administrateur directeur général de BNP Paribas qui soulignait, il y a quelques mois, que : “la capacité à générer un bénéfice n’est plus le seul indicateur de succès de l’entreprise”. Ou encore à Larry Fink, président-directeur-général de BlackRock qui a décidé d’inscrire la durabilité comme leur “norme en matière d’investissement“. De tels propos auraient été inimaginables il y a encore quelques années.

Cette prise de conscience me rend optimiste. Il suffit de connecter cette bonne volonté avec des solutions adaptées pour mieux distribuer nos ressources collectives et répondre aux défis qui s’imposent à nous. Telle était la conviction insufflée chez Epic, fondation  créée il y a six ans et qui lutte pour changer la trajectoire des jeunes défavorisés. Afin de lever les freins à la solidarité et au partage, nous apportons, aussi bien aux individus et aux entreprises, des outils pour optimiser leur générosité.

Qu’il s’agisse de chefs d’entreprise, d’entrepreneurs, de startups ou de fonds d’investissement, ils ont notamment la possibilité de s’engager à reverser un pourcentage de leurs bénéfices, plus-values ou frais de gestion. C’est par ailleurs dans cette logique-là que  l’Epic Pledge a été créé. Pour transformer des intentions de don en promesses concrètes. Autre exemple : la Société Générale corporate & investment banking a récemment développé l’initiative Hedge to Pledge, en partenariat avec Epic, une solution sur-mesure permettant aux entreprises, clientes de la banque, de faire des dons sur arrondis d’opérations de change au profit d’organisations sociales. La banque, quant à elle, s’engage à abonder ces dons pour créer un cercle vertueux.

Ces solutions s’intègrent de façon naturelle, systémique et harmonieuse dans n’importe quel secteur ou business model. Et les entreprises en prennent note. De plus en plus, elles ont compris que la RSE d’avant, où l’on pouvait juste faire un chèque à la fin de l’année, ne suffit plus. Il faut intégrer le bien social dès que possible et être cohérent sur toute la chaîne. Les entreprises ont toutes les bonnes raisons de le faire. En plus de l’impératif moral qui s’impose à nous, les attentes des consommateurs et des employés ont changé. Chacun à son niveau peut être un micro-activiste en votant avec sa carte bleue ou en choisissant un employeur qui partage ses valeurs. Les entreprises qui n’ont pas compris cette évolution auront de plus en plus de difficulté à attirer des clients ou embaucher des talents. Si elles ne s’adaptent pas, comme Nokia ou Kodak, un jour elles disparaîtront.

SOURCE > Journal Du Net